Le nom « Notre-Dame de la Pitié » revient souvent dans les recherches liées à Notre-Dame de Paris, sans que l’on sache toujours à quoi il correspond exactement. Il s’agit d’un vocable marial qui désigne la Vierge en pleurs, portant sur ses genoux le corps sans vie de son fils descendu de la croix. Cette scène, connue sous le nom italien de Pietà, a inspiré l’une des œuvres les plus émouvantes de la cathédrale parisienne, aujourd’hui visible au cœur du chœur restauré.
À retenir
- Notre-Dame de la Pitié désigne la Vierge tenant le Christ mort, aussi appelée Pietà.
- La statue de Notre-Dame de Paris fut sculptée par Nicolas Coustou entre 1712 et 1723.
- Elle honore le vœu de Louis XIII prononcé en 1638.
- Elle trône derrière le maître-autel, au centre du chœur de la cathédrale.
- La statue a été préservée puis restaurée après l’incendie de 2019.
Que signifie exactement notre dame de la pitié ?
Dans la tradition catholique, l’expression « Notre-Dame de la Pitié » n’est pas un nom de lieu mais un titre marial, au même titre que Notre-Dame-des-Sept-Douleurs ou Notre-Dame-de-Compassion. Elle évoque le moment précis où Marie reçoit le corps de Jésus détaché de la croix, avant sa mise au tombeau. Ce moment n’est pas décrit dans les Évangiles eux-mêmes mais s’est imposé dans l’art chrétien dès le Moyen Âge comme une image de la souffrance maternelle universelle.
Le terme italien « Pietà », qui signifie littéralement « pitié » ou « piété », a fini par désigner directement ce type de représentation dans le vocabulaire de l’histoire de l’art, bien au-delà de la seule œuvre de Michel-Ange à Rome. On parle ainsi indifféremment de Vierge de pitié ou de Pietà pour qualifier une sculpture ou une peinture montrant Marie tenant le corps du Christ. Le vocable s’est aussi diffusé dans le nom de plusieurs sanctuaires, chapelles et confréries à travers la France.
La statue de la vierge de pitié à notre dame de paris
La pièce la plus connue associée à ce vocable se trouve à l’intérieur même de la cathédrale Notre-Dame de Paris, derrière le maître-autel. Cette grande statue de marbre blanc représente la Vierge assise, le regard levé vers le ciel, portant le corps du Christ étendu sur ses genoux. Elle occupe une place centrale dans le dispositif décoratif du chœur, entourée des statues de Louis XIII et de Louis XIV agenouillés.
Le vœu de louis xiii, origine de la statue
L’histoire de cette œuvre commence en 1638, lorsque le roi Louis XIII, sans héritier après plus de vingt ans de mariage, consacre solennellement la France à la Vierge Marie. Il promet en retour l’édification d’un nouveau maître-autel à Notre-Dame de Paris, orné d’une représentation de la Pietà. Ce vœu ne sera exaucé matériellement que près d’un siècle plus tard, sous le règne de son fils Louis XIV puis celui de son petit-fils Louis XV. Les travaux du chœur, engagés dans les années 1700, transforment durablement l’aménagement intérieur de la cathédrale médiévale.
Nicolas coustou, sculpteur de la pietà du chœur
La réalisation de la statue est confiée au sculpteur Nicolas Coustou, membre d’une célèbre famille d’artistes du règne de Louis XIV. Il travaille sur cette Vierge de pitié entre 1712 et 1723, dans un style classique caractéristique du grand siècle, mêlant retenue et intensité dramatique. Le visage de Marie, empreint de douleur contenue plutôt que d’effroi, s’inscrit dans une tradition iconographique différente des Pietà plus expressives du Moyen Âge tardif.
Où se trouve la statue dans la cathédrale ?
La statue occupe l’axe central du chœur, juste derrière le maître-autel, à l’endroit le plus solennel de l’édifice. Elle reste visible depuis la nef, dans le prolongement du grand axe de la cathédrale, ce qui en fait l’un des points de convergence visuelle pour les visiteurs comme pour les pèlerins. D’autres statues religieuses de grande dimension existent ailleurs en France, à l’image des modèles présentés dans notre comparatif des statues de la Vierge Marie grande taille, mais celle de Notre-Dame de Paris conserve une valeur historique et artistique unique liée au vœu royal.
Pietà et vierge de pitié : quelle différence ?
Les deux termes désignent en réalité la même scène, mais avec des nuances d’usage. « Pietà » reste le terme le plus employé en histoire de l’art pour qualifier le genre iconographique dans son ensemble, toutes époques et tous pays confondus. « Vierge de pitié » ou « Notre-Dame de la Pitié » est davantage employé dans le contexte religieux et liturgique français pour désigner une statue ou un sanctuaire précis dédié à ce vocable. On retrouve d’ailleurs ce nom attaché à plusieurs édifices religieux à travers le pays, souvent d’anciennes chapelles de pèlerinage ou d’hôpitaux, sans lien direct avec la cathédrale parisienne.
La dévotion à notre dame de la pitié en france
Au-delà de Paris, le vocable de Notre-Dame de la Pitié a donné son nom à de nombreuses chapelles, hôpitaux et confréries depuis le Moyen Âge. Cette dévotion s’est particulièrement développée à partir du XVe siècle, période où la représentation de la Pietà se diffuse largement dans l’art religieux européen. Les fidèles venaient y déposer des prières et parfois des offrandes votives, une pratique encore visible aujourd’hui à travers les ex-voto dorés conservés dans certains sanctuaires marials.
Cette dévotion mariale s’exprime aussi à travers de petits objets de piété portés au quotidien, comme les médailles ou pendentifs représentant la Vierge. Pour ceux qui souhaitent porter un souvenir de cette tradition, notre guide sur le médaillon religieux détaille les différents modèles disponibles et leur symbolique.
Comment voir la statue et visiter la cathédrale aujourd’hui
Depuis la réouverture de Notre-Dame de Paris fin 2024 après l’incendie de 2019, la statue de la Vierge de pitié a retrouvé sa place derrière le maître-autel restauré. L’œuvre n’a pas été endommagée par les flammes, contrairement à une partie de la charpente et de la flèche, et a pu être nettoyée avant sa réinstallation. La visite du chœur permet aujourd’hui de découvrir l’ensemble du dispositif voulu par Louis XIII, statue royale comprise, dans un cadre pleinement rénové.
Pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer, il reste possible de suivre l’ambiance de la cathédrale à distance grâce à notre article sur la webcam de Notre-Dame de Paris, qui recense les flux disponibles pour observer l’édifice en direct. Les visiteurs sur place profitent également de l’ambiance sonore propre à la cathédrale, notamment lors des grandes occasions où l’on peut se référer à notre explication du fonctionnement des cloches d’église pour comprendre pourquoi et quand elles retentissent.
Que symbolise la pietà dans l’art chrétien ?
La Pietà occupe une place particulière dans l’iconographie chrétienne car elle condense en une seule image la douleur, la tendresse et l’espérance. Contrairement aux scènes de crucifixion, elle se concentre sur l’instant suspendu entre la mort du Christ et sa mise au tombeau, un moment de silence et de recueillement. Cette représentation a fait de Marie une figure universelle de la mère endeuillée, au delà même du cadre strictement religieux. C’est cette dimension à la fois spirituelle et profondément humaine qui explique la popularité durable du thème dans l’art occidental, de la sculpture gothique aux œuvres de la Renaissance italienne.
Testez vos connaissances
- Que signifie le terme « Pietà » ?
Réponse : il désigne la représentation de la Vierge Marie tenant sur ses genoux le corps du Christ mort, un vocable également appelé Notre-Dame de la Pitié. - Qui a sculpté la statue de la Vierge de pitié à Notre-Dame de Paris ?
Réponse : le sculpteur Nicolas Coustou, entre 1712 et 1723, dans le cadre des travaux du chœur voulus par Louis XIV. - Pourquoi cette statue a-t-elle été réalisée ?
Réponse : en accomplissement du vœu de Louis XIII, prononcé en 1638, promettant un nouveau maître-autel orné d’une Pietà à la Vierge. - Où se trouve la statue dans la cathédrale ?
Réponse : derrière le maître-autel, au centre du chœur, dans l’axe de la nef.
Questions fréquentes
Notre-Dame de la Pitié, est-ce le nom d’une église ou d’une statue ?
Les deux usages existent. C’est d’abord un vocable marial désignant la Vierge tenant le Christ mort, employé aussi bien pour nommer des chapelles à travers la France que pour qualifier la statue du chœur de Notre-Dame de Paris.
La statue de la Pietà de Notre-Dame de Paris est-elle l’originale du XVIIIe siècle ?
Oui, il s’agit bien de l’œuvre sculptée par Nicolas Coustou entre 1712 et 1723, toujours en place derrière le maître-autel après la restauration de la cathédrale.
Quelle est la différence entre la Pietà de Notre-Dame de Paris et celle de Michel-Ange ?
Les deux œuvres partagent le même thème mais diffèrent totalement de style et d’époque : celle de Michel-Ange, à Rome, date de 1499, tandis que celle de Notre-Dame de Paris relève du classicisme français du début du XVIIIe siècle.
Peut-on encore voir la statue depuis la réouverture de la cathédrale ?
Oui, la statue a retrouvé sa place dans le chœur restauré depuis la réouverture de Notre-Dame de Paris fin 2024, et reste visible depuis la nef lors des visites.
Pourquoi Louis XIII a-t-il fait ce vœu à la Vierge ?
En 1638, sans héritier après plus de vingt ans de mariage, le roi consacre la France à la Vierge Marie et promet en échange un nouveau maître-autel orné d’une Pietà, vœu réalisé plusieurs décennies plus tard sous ses successeurs.
Existe-t-il d’autres sanctuaires appelés Notre-Dame de la Pitié en France ?
Oui, plusieurs chapelles, hôpitaux et confréries portent ce nom depuis le Moyen Âge, sans lien direct avec la cathédrale de Paris, la dévotion à ce vocable s’étant largement diffusée dès le XVe siècle.