Gargouilles et chimères de Notre-Dame : à quoi elles servent, où les voir et leurs histoires

Les gargouilles de Notre-Dame sont des gouttières ; les célèbres créatures pensives sont des chimères ajoutées au XIXe siècle. Comment les distinguer, où les voir de près et l’histoire du Stryge et de ses compagnons.

Dans ce guide
  1. Gargouille ou chimère ? La différence en une minute
  2. Pourquoi des monstres sur une cathédrale ?
  3. Les chimères les plus célèbres
  4. Où voir les gargouilles et chimères
  5. Les gargouilles ont-elles survécu à l’incendie de 2019 ?
  6. Gargouille ou chimère ?
  7. Questions fréquentes

Gargouille ou chimère ? La différence en une minute

GargouillesChimères
FonctionÉvacuer l’eau de pluie loin des mursDécoration et symbolique
FormeAllongée, horizontale, gueule ouverte (une gouttière)Statues assises ou perchées, souvent pensives
DateDès le XIIIe siècle, beaucoup remplacées depuisSurtout 1840–1860 (Viollet-le-Duc)
OùTout autour des toitures, contreforts et toursSurtout sur la galerie des Chimères, en haut de la façade
Origine du nom« Gargouille », de la gorge et du bruit de l’eauDu monstre grec Chimère

Le mot gargouille vient de la même racine que « gargariser ». La pluie suit les chéneaux et ressort par la gueule de la créature, loin de la pierre, ce qui protège murs et joints. Un jour de pluie, on les voit à l’œuvre depuis le parvis et le square derrière la cathédrale.

Pourquoi des monstres sur une cathédrale ?

Les sculpteurs médiévaux adoraient les bêtes fantastiques. Les historiens avancent plusieurs explications, sans certitude : symboles du mal tenu à l’extérieur de l’espace sacré, mise en garde contre le péché, gardiens protecteurs de l’église, ou simple liberté d’imagination des tailleurs de pierre. Au XIXe siècle, Viollet-le-Duc et son équipe de sculpteurs créent tout un bestiaire de chimères dans un esprit romantique inspiré du roman de Victor Hugo, donnant à Notre-Dame la silhouette tourmentée que l’on connaît.

Les chimères les plus célèbres

  • Le Stryge : la créature ailée et cornue, menton dans les mains, qui contemple la ville. Il est devenu célèbre grâce à l’eau-forte de Charles Meryon (1853) et à d’innombrables photos.
  • L’éléphant : un hôte inattendu sur une cathédrale parisienne, symbole de force et de sagesse.
  • Le pélican : symbole chrétien du sacrifice, censé nourrir ses petits de son propre sang.
  • Les bêtes dévorantes : des chimères qui mangent de plus petits animaux, clin d’œil aux bestiaires médiévaux.
  • Oiseaux, chiens, boucs et une sorte de singe : cherchez-les le long de la balustrade.

Où voir les gargouilles et chimères

Depuis les tours (le mieux)

La montée des tours longe la galerie des Chimères, en haut de la façade occidentale, assez près pour distinguer griffes et expressions, avec Paris en toile de fond. C’est le seul moyen de les voir à hauteur d’yeux. Le billet coûte 16 € et se réserve en ligne : tous les détails dans notre guide des billets pour les tours.

Depuis le sol

  • Le parvis : levez les yeux entre les tours ; un zoom de 200 mm ou plus aide.
  • Le côté sud, le long de la Seine : la meilleure vue sur les gargouilles des contreforts et la rose sud.
  • Le square Jean-XXIII, derrière la cathédrale : le chevet, les arcs-boutants et de nombreuses gouttières.
  • Le pont de l’Archevêché et le quai de Montebello : des angles classiques au coucher du soleil.

L’éclairage nocturne met aussi superbement les sculptures en valeur : voir notre guide de Notre-Dame la nuit et des meilleurs spots photo.

Les gargouilles ont-elles survécu à l’incendie de 2019 ?

Oui, pour l’essentiel. L’incendie a détruit la charpente et la flèche, mais les tours, la façade et la galerie des Chimères ont été épargnées. Pendant la restauration, les sculptures abîmées par la chaleur, l’eau ou le temps ont été nettoyées, consolidées ou remplacées par de nouvelles pièces taillées par des tailleurs de pierre, comme cela s’est toujours fait au fil des siècles. Les statues des apôtres et des évangélistes autour de la flèche avaient été déposées pour restauration quelques jours avant l’incendie et en ont réchappé.

À lire aussi :Architecture de Notre-Dame de Paris : style gothique, plan, rosaces et arcs-boutants expliqués

Gargouille ou chimère ?

Touchez une réponse pour la vérifier.

  1. À quoi sert concrètement une gargouille ?

  2. Qui a ajouté les chimères à Notre-Dame ?

  3. Comment s’appelle la chimère la plus célèbre, la tête dans les mains ?

Questions fréquentes

À quoi servent les gargouilles de Notre-Dame ?

Les vraies gargouilles sont des gouttières qui évacuent la pluie loin des murs. Les créatures décoratives de la galerie haute sont des chimères, sans fonction pratique.

Les gargouilles de Notre-Dame sont-elles médiévales ?

Certaines suivent des modèles médiévaux, mais beaucoup ont été remplacées au fil des siècles. Les célèbres chimères ont été créées au XIXe siècle par l’équipe de Viollet-le-Duc.

Comment voir les gargouilles de Notre-Dame de près ?

En montant aux tours : la visite longe la galerie des Chimères. Le billet coûte 16 € et se réserve uniquement en ligne sur le site du Centre des monuments nationaux.

Comment s’appelle la célèbre gargouille de Notre-Dame ?

La plus célèbre est la chimère appelée « le Stryge », la tête dans les mains, qui contemple Paris.

Les gargouilles ont-elles survécu à l’incendie ?

Oui. L’incendie a détruit le toit et la flèche mais épargné les tours et l’essentiel de la sculpture ; les pièces abîmées ont été restaurées ou remplacées.